“L’Insulte” au cinéma Sõprus

Cinéma Sõprus

Vana-Posti 8

Synopsis

Lors de la rénovation d’un immeuble à Beyrouth, Toni, un Chrétien libanais, et Yasser, un réfugié palestinien, se disputent au sujet d’un problème de plomberie. La discussion s’envenime et Yasser finit par insulter Toni. Blessé dans son orgueil, Toni décide de porter plainte.
Rapidement, ils sont tous deux entrainés dans une spirale infernale dont la portée ira bien au-delà des murs du tribunal.

Critique

” Il suffit d’un rien pour que tout explose. Une gouttière mal placée, par exemple. Parce que son voisin, un chef de chantier palestinien, vexé d’avoir reçu de l’eau en contrebas, a remplacé la gouttière, son propriétaire, un garagiste, chrétien libanais, soudain furieux, la démolit. Le ton monte. L’aspergé traite l’homme du balcon de « sale con ». Ce dernier réclame des excuses. Le conflit de voisinage s’envenime, se poursuit au tribunal, vire à la crise nationale.

Ziad Doueiri est ce cinéaste libanais qui s’était distingué, en 2012, avec L’Attentat, un film gonflé autour d’un chirurgien, arabe israélien, dont la femme se faisait exploser dans un attentat kamikaze. Le cinéaste n’a décidément pas froid aux yeux. Avec un humour très noir, il vise et pulvérise, cette fois, pas mal de préjugés et de tabous qui pèsent sur son propre pays. L’histoire se déroule dans le Beyrouth d’aujourd’hui, mais rappelle, aussi, des faits historiques, dont certains étouffés, comme le massacre de Damour, en 1976, où des centaines de civils chrétiens ont été brutalement assassinés par des milices palestiniennes. Or, dès qu’un pays escamote ou enfouit une partie de sa mémoire nationale, la violence ne tend plus qu’à rejaillir.

D’abord farce caustique, L’Insulte devient, un moment, un film de procès, à l’américaine, qui se plie fort bien aux lois du genre : tension, émotion, révélations inattendues, irruption du doute sur les torts de chacun… Servi par deux acteurs très convaincants dans un jeu opposé (réserve du Palestinien, fureur du chrétien), le cinéaste parvient à éviter la démonstration univoque, en liant constamment l’intime et le politique. Le film n’épouse aucun camp, préférant éclairer les effets pervers de toute cause. Il œuvre pour la vérité, même si elle est blessante. Ce n’est pas si courant.”
Par Jacques Morice

Année : 2017
Etats : Liban, France
De : Ziad Doueiri
Scénario : Ziad Doueiri, Joelle Touma
Avec : Adel Karam, Kamel El Basha, Camille Salameh, Diamand Abou Abboud, Rita Hayek
Genre : Drame
Durée : 113 min
Montage : Dominique Marcombe
Langue : Arabe
Sous- titres : Estonien, russe

Organisé par :

 

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